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    Il est rare de revenir de vacances sans avoir oublié quelque chose sur place, surtout quand on a des enfants. Comment lutter contre ce fléau ? Notre rédaction a mené l'enquête.

    Le premier problème concerne le statut de la chose oubliée. Cela ne revient évidemment pas au même d'oublier une chaussette ou son appareil photo. Faire demi-tour et perdre une demi-heure pour une demi-paire, est-ce bien utile quand on sait qu'il est si facile de retrouver chaussette à son pied ? De même, perdre des collants, ça vous fait une belle jambe et vous n'avez pas forcément envie qu'on vous les refile. Idem pour un foulard : mieux vaut laisser chacun chercher son châle. Mais oublier une paire de chaussures, en revanche, c'est pas le pied. Et laisser tomber sa veste, c'est prendre le risque de se faire tailler un costard même s'il faut avouer que par grand froid, ce n'est pas désagréable d'être habillé pour l'hiver.

    Mais quelle que soit la valeur de l'objet égaré, le moment où l'on s'aperçoit de l'oubli est à prendre en compte. Si cela fait une heure que vous roulez sur le trajet du retour, perdre du temps à récupérer des choses futiles, cela revient un peu à aller chercher midi à quatorze heures. C'est à se demander s'il ne faudrait pas faire exprès d'oublier une chose importante, ses clés de maison, par exemple, pour que ça vaille vraiment la peine de revenir.

    Le mieux est donc encore de ne rien oublier. Alors, quelles solutions ? Me direz-vous.

    La première option est d'une logique implacable. Si l'on part du postulat que plus on s'étale, plus les risques sont grands d'oublier quelque chose, il suffit de ne rien sortir du tout de ses bagages ou de ne pas en apporter. Attention, toutefois : cette option peut fonctionner pour un week-end mais elle reste difficile à tenir au-delà du troisième jour de slip.

    La variante de cette option consiste alors à ne sortir de ses bagages que les choses qu'on remplace et qu'on met aussitôt sur soi. Pour les sous-vêtements, les t-shirts ou les pantalons, c'est assez pratique mais c'est à éviter avec les vestes, les casquettes, les bonnets et tous les accessoires qu'on est susceptible de laisser traîner quelque part à un moment ou à un autre. Le gros problème c'est qu'on risque d'avoir froid et partir sans trous de mémoire mais avec la goutte au nez, c'est le meilleur moyen d'emprunter un chemin qui mène au rhume.

    On peut également décider de lister tout ce qu'on amène. Mais c'est pas pour ça qu'on va tout retrouver. Faire une liste ne garantit pas du « lost »car remplir des listes ne préserve pas des trous de mémoire et il ne suffit pas de noircir du papier pour éviter les blancs. En outre, il n'est pas certain que le temps qu'on prenne à les faire soit inférieur au temps qu'on passe à chercher ses affaires.

    Une autre tactique consiste à ne rien emporter de précieux ou mieux, s'habiller avec des fringues dont on veut se débarrasser : un pantacourt ou des vieux t-shirts waïkiki par exemple. Mais dans ce cas-là, il faut renoncer à tout plan drague. Déjà, en temps normal, c'est dur de séduire mais on peut parier que vous ne toucherez aucun cœur en étant fagotté comme l'as de pique. Même en ayant par ailleurs beaucoup d'atouts, il sera difficile d'abattre ses cartes.

    Il y a également des choses qu'il est gênant d'oublier et qu'on ne peut pas vraiment réclamer. Une petite culotte ou un boxer, surtout s'ils ont été oubliés dans la chambre des hôtes le jour où ils sont partis faire des courses n'est peut-être pas un objet à aller chercher coûte que coûte. Dans certains cas, il est préférable d'être déculotté que trop culotté pur ne pas être mis à nu.

    Enfin, il faut également savoir extraire de ces situations des choses positives. Si votre conjoint vous hurle dessus parce que vous avez oublié l'appareil photo, c'est peut-être qu'il est temps de faire une mise au point. Tous les oublis ne sont pas des actes manqués mais parfois, ça y ressemble très portrait.

     

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    En avril, qui ne se découvre pas se défile. Or il faut avouer que chaque année, c'est un sacré challenge de piéger quelqu'un qui s'attend à l'être et de faire passer le premier avril pour le 32 mars.

    A moins d'avoir dans ses connaissances quelqu'un de distrait ou de très naïf, il y a de fortes chances pour que la plaisanterie s'écaille. Pour monter un coup, on ne peut pas se contenter des sandres et mener quelqu'un en bateau n'est pas toujours de très bon thon.

    Pas besoin d'être rusé comme un serpent pour ne pas avaler des couleuvres.

    On sait normalement assez vite si c'est du bar ou du saumon et il faut vraiment être une tanche pour mordre à l'hameçon.

    Dans ce genre de situation, il n'y a guère que les enfants qu'on arrive à attraper dans ses filets. Mais même si on leur fake croire à peu près ce qu'on veut, c'est au risque de leur faire une fausse joie ou de déclencher chez eux une vraie tristesse. Sans compter qu' ils se sentent très vite des cas ou des nullards sitôt qu'ils tombent dans un traquenard.

    Bref, faire un poisson d'avril, c'est un peu comme ces profs qui nous préviennent de leurs contrôles surprises et c'est aussi ridicule que de raconter une blague en commençant par la chute ou de vivre en sachant qu'on va de toute façon mourir.

    En outre, si au 16ème siècle le 1er avril marquait la fin du carême et le début de l'année, et s'il y avait une certaine cohérence à fêter le renouveau à la renaissance, j'ai bien peur que cette fête ait perdu tout son sens et qu'elle ne serve qu'à institutionnaliser le canular comme on institutionnalise l'amour le 14 février.

    Alors reste la blague qui consiste à se coller des poissons dans le dos.

    On peut toujours dire qu'on s'en fout, mais se promener avec toute la journée, ça la fish mal. Surtout que quand un hareng sort, il a rarement du saumon le fumet et que les enfants adorant ce jeu, on peut compter sur eux pour mettre le turbot. Si les faux poissons sont, pour aller à la mer, lents, pour se coller à vous, rien ne les arrête.

    Même si vous en avez plein le dos et que celui-ci est vissé à la raie, il sera difficile de noyer un poisson qui n'est pas vivant. Et vos enfants ne manqueront sans doute pas de vous rappeler que, quoi qu'il arrive, vous n'en êtes « même pas carpes ».

    Renoncer totalement à la blague du poisson doit-il être considére comme du délit de truite ? Peut-être pas mais ce qui est sûr c'est que le poisson d'avril n'est pas au bout de ses beaux bars.

    A la fin de la journée, même si on en a eu sa ration, on peut se consoler en se disant qu'il n'y a pas besoin de filer au fish de nourriture et qu'après tout, ce n'est pas si désagréable que ça de se sentir comme un poisson dans le dos.

     

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  • Si le retour du printemps est de nature à vous remplir de bouffées d'allégresse au point que vous vous sentiriez capables de donner la main à des inconnus pour faire une grande ronde en chantant « Gli altri siamo noi » d'Umberto Tozzi, il est fort probable que cette chronique ne vous plaise qu'à moitié.

    Depuis quelques jours, en effet, le printemps pointe le bout de ses bourgeons. Le soleil et la douceur font renaître nos sens après une longue hibernation, les jours et les chaises rallongent, et la terre retrouve sa fertilité.

    Faut-il pour autant se réjouir que le printemps fasse son grand retour et pensez-vous que cela vaille vraiment la peine de se délecter du vol des merles et des mésanges et du chant du rossignol ? Moi, no !

    Quel plaisir peut-il y avoir à regarder croître cette herbe un brin provocatrice s'il faut la couper chaque semaine ?

    En outre, ce printemps qui raccourcit les jupes et fait pousser les branches ne garantit en rien la naissance de nouvelles idylles. Ce n'est pas parce que Mars arrive que Venus l'accompagne et « paysage en fleurs » n'est pas nécessairement synonyme de « fête de la tige ».

    Quant au retour du beau temps, cela signifie surtout que nous n'aurons pas droit à un rayon de soleil le week-end sans devoir supporter l'odeur d'essence du barbecue des voisins ou les cris des enfants qui piaillent et viennent couvrir le chant des oiseaux de leurs affreux hullulements. Le seul avantage de ces fins de semaine propres à nous faire devenir misanthropes, c'est qu'on réalise à quel point c'était bien de les conserver enfermés tout l'hiver.

    Si je veux être tout à fait honnête, je dois avouer également que la tiédeur du printemps ne me fait ni chaud ni froid et je trouve même sa prétendue beauté un peu au ras des pâquerettes. S'il offre ses fleurs, il ne fait, en revanche, pas de cadeau en faisant briller davantage le vide de nos mornes journées.

    Enfin, s'il y a un réel plaisir à sortir et à se promener, il s'arrête net à l'entrée des parcs bondés dans lesquels chaque famille vient s'entasser à heures fixes, essayant tant bien que mal de grappiller fiévreusement l'illusion de la liberté et de s'émerveiller devant cette pâle représentation de la nature.

    Bref, rien de tel que l'arrivée du printemps pour constater que notre liberté se mesure en centimètres carrés, ceux-là même sur lesquels on dépose l'été sa serviette comme une bannière sur un territoire âprement conquis mais jamais totalement hermétique aux attaques d'un envahisseur en slip de bain, d'une barbare à la glacière sous le bras, d'un parasol avide de répandre sur nous sa part d'ombre ou d'un ipod crachant par tous ses orifices la médiocrité musicale la plus aboutie.

    Le printemps arrive ? Pistil à jamais aller porter ses fleurs ailleurs.

     

     

     

     

     

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  • C'est déjà un plaisir en soi d'écouter de la musique mais ce plaisir n'est pas loin de virer à l'extase lorsqu'on écoute certains de ses morceaux préférés sur Youtube.

    Entre les publicités, les illustrations video et les commentaires postés par certains internautes, c'est à une véritable constellation de reflets fidèles des chansons que nous avons droit. Et il n'est pas rare que cet apport indéniable aux modestes mélodies que nous écoutons réponde, mieux que la chanson elle-même, à nos désirs de rêveries et à nos mornes aspirations.

    Des pubs licites

    Tout d'abord, quoi de plus judicieux qu'une publicité pour introduire une chanson ? Quoi de moins éloigné de l'art que les produits de consommation ? Et en ce qui concerne les chansons d'amour, quoi de plus logique qu'une annonce avant une déclaration ? L'amour ne se résume-t-il pas, lui aussi, à un slogan ?

    Une petite pub pour le Doliprane juste avant de bercer son chagrin, après une rupture, par l'écoute d' une chanson triste, est idéale pour éviter de se prendre trop la tête et pourrait presque inspirer les publicitaires. Trop nostalgique ? Prenez un antalgique.

    En outre, n'est-on pas ravi, lorsqu'on est amoureux mais sans le sou, de commencer son écoute par une pub pour les banques ?

    Le bonheur est dans le prêt liminaire disaient ensemble Jacques Prévert, Rocco Siffredi et Emmanuel Macron.

    Muse hic ?

    Mais que dire de la pertinence des video postées par les internautes pour donner aux chansons toute leur résonance ?

    Peut-on trouver meilleure illustration de la complexité de l'amour qu'un homme huileux et à moitié-nu embrassant goulûment sa moitié sous un ciel étoilé au-dessus duquel la providence compatissante semble poser sur le couple un regard bienveillant ?

    Quel plus beau symbole de la mélancolie qu'un homme faisant le signe du cœur avec les mains autour d'un coucher de soleil ou qu'une femme se délassant en bikini sur une chaise longue dans un jardin de banlieue ?

    Enfin pouvait-on trouver un écho plus juste à la nostalgie d'Avec le temps de Léo Ferré que des photos de chaton lapant du lait ou se roulant dans l'herbe ?

    Prenez-les pour des com'

    Mais le plus beau, ce sont évidemment les commentaires, qui par leur pertinence, redonnent aux chansons toute leur grandeur.

    Les « A toi mon chouchou d'amour », ne permettent-ils pas de prolonger l'extase par la pertinence de l'évocation et la poésie du langage ? Quant aux commentaires en anglais, du type « Baby, I love U forever » ne sont-ils pas un hymne à l'universalité ?

    Et si certains messages déversant leur haine viennent parfois alimenter le débat, c'est un bon moyen de lire des commentaires mêlant coliques et diarrhées.

    Bref, on ne peut s'empêcher de penser que Baudelaire, s'il avait vécu à notre époque, aurait enfin trouvé un écho à son spleen et un remède à son ennui. Mais le poète, hélas privé de ces outils précieux, a dû composer avec son mal-être et écrire les Fleurs du mal. Un vrai gâchis.

     

     

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  • Pourquoi, malgré les critiques dont elle est l'objet chaque année, la Saint-Valentin continue-t-elle à rencontrer un tel succès ?

    Soyons pragmatiques : si l'on est vraiment amoureux, c'est la Saint-Valentin tous les jours, pas besoin de cette date pour ajouter quoi que ce soit à notre bonheur. Et si en revanche notre couple se délite, ce n'est certainement pas la seule Saint-Valentin qui permettra de changer les choses. Ce n'est pas parce qu'on se fait un resto que les sentiments ne vont pas rester bas et il ne suffit pas de dîner avec des bougies pour que vous ayez envie de faire un chant d'elle.

    Pourtant, il faut avouer que c'est assez commode de n'avoir à porter attention à son conjoint qu'une fois par an. C'est d'autant plus pratique que comme tout le monde en parle, on ne risque pas, contrairement à son anniversaire, de rater la date.

    Comme en plus, on sait que ce jour-là, les amants sont aussi pris par leur conjoint officiel, personne n'est perdant.

    On peut toujours, pour oublier qu'on souffre, se souvenir que Valentin est le nom d'un martyre et noyer son chagrin dans le vin qu'on s'est fait offrir. Un cubi-don pour fêter Cupidon est toujours le bien Venus.

    Mais n'est-ce pas un peu ostracisant de continuer à célébrer une fête qui ne concerne qu'une catégorie de personnes ? N'est-ce pas anormal et cruel qu'il faille, chaque 14 février, son célibat taire ? Ne devrait-on pas au contraire revenir aux traditions anciennes qui permettaient ce jour-là aux jeunes hommes et aux jeunes femmes seules de trouver l'âme sœur ? N'est-il pas au moins aussi important de leur faire une fleur que d'en offrir une ?

    D'autre part, il y a quelque chose de sordide à proclamer son amour le même jour que tout le monde et à penser à toutes ces fausses déclarations faites uniquement pour payer son tribut à la société, à ces serments d'hypocrites de tous ces hyper cracks du crac-crac annuel.

    Peut-on se satisfaire d'un « je t'aime » institutionnel et d'un bouquet de fleurs qui n'est peut-être que la gerbe testamentaire déposée par notre amant sur le tombeau de ses sentiments évanouis dans l'abîme du quotidien ?

    Que valent les rêves de princesse quand ils sont dictés par les princes de ce monde ? Quand les caresses sont réglementaires, le carrosse ne tarde pas à redevenir citrouille et c'est nous qu'on prend pour des courges.

    Et puis, tous ces couples qui font l'amour en même temps, c'est quoi d'autre qu'une partouze déguisée ? Le jour de la proclamation du caractère unique de son amour, c'est un peu confondre orgie et jour J.

    Enfin, comment comprendre cette date du 14 février ? Si cette période était le symbole de la fécondité dans l'antiquité, quel rapport maintenant entre cette fête mi-niaise, mi-racoleuse et la mi-février si ce n'est le mi-racle du commerce ?

    Certes, on peut comprendre la volonté de fêter son nid d'amour en hiver d'autant que les bougies en plein été, ça perd un peu de son charme, mais pourquoi février ? Et pourquoi le 14 ?

    Bref, pendant que les restaurateurs et les fleuristes se frottent les mains, je n'ai pas fini de me gratter la tête.

    Mais après tout, à quoi bon chercher du sens, quand celui des affaires suffit à faire le bonheur de notre société ?

     

     

     

     

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