• Prônons, comme le sage, un humour bienveillant,

    Sans offense ou affront, sans excès ni outrance,

    Bannissons l'irrespect, gommons l'intolérance

    Rions ensemble soit, mais restons élégant

     

    Ne sortons pas du cadre édicté par le Bien

    Effaçons la surprise, écartons l'imprévu

    On peut rire de tout s'il n'y a pas d'intrus

    Et si l'humour d'autrui est bien conforme au sien

     

    Vingt fois sur le métier censurons notre ouvrage

    Lissons et polissons nos saillies trop osées

    Débarrassons la vie de ses aspérités

    Quand on en moque un seul, c'est tou.te.s qu'on outrage !

     

    L'impertinence même est déjà un blasphème

    Voltaire était méchant, Diderot satanique

    Il est temps de mener la guerre aux sarcastiques,

    Que meure la licence, que vive l'anathème !

     

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    Malgré la pesanteur du contexte et la menace permanente du virus, Vincent nous a fait la gentillesse d'accepter notre proposition : celle de tenir un journal de confinement depuis son yacht. Récit.

     

    Voilà maintenant cinq jours que je suis coincé au large des côtes maltaises. Plus moyen de reprendre mon jet privé à l'aéroport international de la petite île malgré toutes les missions qui m'attendent. Je pense à tous ces anonymes qui ont la chance de pouvoir mourir sans que nos vies s'en trouvent ébranlées. Ils ne peuvent pas savoir ce que c'est que de porter le poids de la mondialisation sur ses épaules.

     

    Mes gardes du corps devant respecter avec moi une distance de sécurité de deux mètres, je suis à la merci de n'importe quelle attaque de pirates somaliens ou de goélands agressifs. Je fais des cauchemars horribles dans lesquels les Gilets Jaunes trouvent par terre des dizaines de pièces de 5 centimes d'euros. L'autre jour, j'ai même rêvé que François Ruffin venait faire du ski nautique avec moi avant de m'asséner un sermon sur l'huile de palme tout en me bénissant avec de l'urine de Jean-Luc Mélenchon. Pourtant je n'ai pas peur. J'ai conscience du rôle qui est le mien et il est hors de question de me dérober à ma destinée.

     

    Si loin de toute civilisation, la pénurie de gel hydroalcoolique nous guette mais nous faisons face. Je suis suffisamment proche de la nature pour en apprécier la beauté. Il me semble parfois qu'elle s'adresse à moi à travers ce nuage en forme de billet de 500 euros ou de ce mouvement de va-et-vient des vagues qui me rappelle les cours de la bourse et dont le ressac est la promesse d'un possible retour en arrière après le krach.

     

    L'ennui est là, omniprésent. Dans le bleu turquoise un brin écœurant des lagons de l'île de Cominotto, dans l'immensité de la mer, dans cet horizon immuable qui m'échappe sans cesse à mesure que je m'en approche. Heureusement qu'il y a les chroniques de Jacques Attali et de BHL pour m'aider à m'évader. Ici, personne, comme dans les grands ensembles des quartiers, pour partager mon fardeau. Je suis seul face à moi-même.

     

    J'essaye de rassurer mon fils spirituel Nicolas au téléphone. Je lui ai expliqué que c'était un peu comme dans Jacques et le haricot magique : il y a parfois des périodes de disette mais elles cachent souvent des issues heureuses et des évènements fastes et je suis convaincu qu'on va bientôt nous aussi pouvoir vendre des œufs d'or.

     

    J'espère que le terrible fléau auquel nous sommes confrontés actuellement épargnera les enfants. En tout cas ceux du Libéria et du Cameroun, dont j'ai tellement besoin pour continuer à être qui je suis.

     

     

    Merci de m'avoir suivi. Force et honneur. Paix et amour.

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  • « Tout vient à point à qui sait attendre », dit le proverbe. Comme j'aime plus que tout me réserver quelques plaisirs solitaires, j'ai attendu deux jours avant de regarder les vœux de notre bon Guide. Et le moins qu'on puisse dire est que je n'ai pas été déçu puisque le président philosophe s'est montré à la hauteur de mon absence totale d'attentes.

     

    Dès les premières secondes, il s'adresse à nous avec une chaleur qui n'est pas sans rappeler celle de Yann Moix envers les femmes de plus de 50 ans et une sincérité qui renvoie aux heures les plus sombres du jeu d'acteur de Frédéric Diefenthal ; et il choisit de rester debout pour mieux nous faire croire qu'il ne s'est pas assis sur ses promesses.

     

    « Avec le débat national, face aux colères exprimées par le mouvement des Gilets Jaunes, nous avons su instaurer un dialogue respectueux et républicain, sans précédent dans une démocratie » déclare-t-il. Qui osera contredire un homme qui a instauré un dialogue constant entre lui-même et son ego et qui, grâce à un combat de tous les instants, aura permis aux balles de LBD et aux yeux des manifestants de se rencontrer, mieux, de s'unir pour le restant de leurs jours ?

     

    « Nous avons commencé à percevoir dans le concret de nos vies les premiers résultats de l'effort de transformation engagé depuis deux ans et demi », poursuit-il. Un tel sens de l'observation et une telle absence de démagogie ne peuvent qu'être salués. « La France n'avait pas connu un tel élan depuis des années », ajoute l'auteur de Révolution. Certes, même si prendre autant d'élan pour sauter dans le vide, c'est un peu du gâchis.

     

    Revenant sur la réforme des retraites, il annonce une nouvelle qui ne pourra que réjouir les professeurs travaillant en ZEP : « nous prendrons en compte les tâches difficiles pour permettre à ceux qui les exercent de partir plus tôt ». De même, il laisse entendre que la réforme en cours sera totalement modifiée puisqu'il prévoit un « projet de justice et de progrès social ».

     

    En ce qui concerne les infrastructures publiques, on peut là aussi être rassuré, le président précisant : « Nous mènerons une politique ambitieuse pour l'hôpital auquel je tiens tant ». Il n'en restera donc plus qu'un, reste à savoir où il se situera. 2020 sera aussi « l'année où un nouveau modèle écologique doit se déployer », grâce à la fin de l'emballage plastique à usage unique prévue pour 2040.

     

    Malgré l' « épreuve » du Brexit, Macron l'affirme : « j'œuvrerai pour maintenir entre nos deux pays une relation solide ». Le Royaume-Uni et l'Europe sont sauvés. Souvent accusé d'agir seul, il n'oublie ni son Premier ministre ni son équipe : « J'attends du gouvernement d'Edouard Philippe qu'il trouve la voie ». Transmis au pape François.

     

    Mais Macron ne serait pas un grand président s'il n'avait pas ce souci esthétique si français. C'est pourquoi on ne peut que louer son appel à la « redécouverte du beau », redécouverte déjà bien entamée en 2019 grâce aux tulipes de Jeff Koons, aux pyjamas de Sibeth Ndiaye ou à la nouvelle décoration de la salle des fêtes de l'Elysée.

     

    Le président a bien compris que le problème, c'était nos « peurs », nos « inquiétudes » et nos « angoisses », en d'autres termes notre sentimentalisme face à toutes ces justes avancées auxquelles nous ne comprenons rien. Et pour faire face à nos craintes, il rappelle la grandeur de la France avec la crédibilité de Recep Erdoğan animant une conférence sur le pacifisme et la communication non-violente.

     

    Enfin le chef de l'Etat termine son allocution par ces mots qui feront date : « Sachez combien je mesure chaque jour l'immense honneur qui m'est fait de vous servir ».

     

    L'année 2020 sera donc placée sous le signe de l'humour.

     

     

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  • Cette nuit, j'ai fait un horrible cauchemar dans lequel Jean-Paul Delevoye, toujours aussi distrait, avait oublié de déclarer qu'il était mon père. Il me présentait 3600 demi-sœurs et demi-frères, tous nés après 1975, avec lesquels il faudrait que je partage ma retraite. Jean-Michel Blanquer me soufflait à l'oreille : « Si vous en voulez à Jean-Paul, c'est que vous n'avez rien compris » et Jacques Attali me confiait à quel point il rêvait d'une société sans peuple.

     

    Je décidai alors d'exprimer mon désaccord publiquement, mais ma publication fut supprimée des réseaux sociaux pour « contenu haineux ». Je me rendis à l'une des manifestations contre la réforme de la retraite mais j'eus le malheur de rester immobile sur une place, ce qui était une évidente provocation. Christophe Castaner ne manqua pas de me le rappeler en me visant à l'œil avec un LBD. Je m'en plaignis mais ce dernier m'assura qu'il n'y était pour rien, ce que l'IGPN confirma aussitôt, ajoutant qu'il était impossible d'identifier le tireur et qu'on ne pouvait absolument pas accorder un quelconque crédit à ma version, étant donné que je n'avais qu'un œil.

     

    J'eus l'idée de fournir à la police une vidéo faite par un ami pour attester de ma bonne foi. Elle me rappela que ce type d'images anti-démocratiques étaient formellement interdites et je me retrouvai en garde à vue. Je demandai de l'aide à mes contacts Facebook, qui organisèrent une collecte, aussitôt supprimée pour « non respect des conditions générales ». Patrick Balkany m'envoya une lettre dans laquelle il me demandait d'arrêter de me plaindre « par respect et décence pour les vraies victimes qui souffrent ».

     

    Je me réveillai en sueur, trop heureux de vivre dans un pays soucieux de protéger toutes les libertés.

     

     

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  • Dans un article intitulé « Peut-on être féministe et apprendre la vie à son mec ? », Slate part à la recherche de l'équilibre entre féminisme et vie de famille. Et l'on découvre que ce n'est pas facile tous les jours pour ces femmes qui confient être « cheffe(s) de projet pour la charge mentale ». Elles ont en tout cas bien du mérite de croire qu'on peut encore éduquer ces hommes qui ne comprennent rien à rien. « En tant qu'instit, j'estime que j'ai un devoir d'éducation et que, s'il y a un dysfonctionnement, c'est qu'il y a peut-être des choses qui sont encore opaques et qui doivent être explicitées », explique l'une d'elles. On ne peut qu'admirer sa patience.

     

    Pour arriver à leurs fins, elles rivalisent d'astuces : « Je voulais que ce soit lui qui élabore la liste de la charge mentale, penser à acheter des éponges ou des trucs comme ça, parce que c'était important pour moi qu'il fasse ce cheminement et qu'il s'en souviendrait mieux si c'était lui qui avait énoncé tout ça » confie une autre. Tout ça n'est pas sans rappeler les meilleures séquences de nos pédagogues de l'EN où on invite l'élève à « construire lui-même son savoir ». Avec la réussite que l'on sait.

     

    Mais les déceptions sont nombreuses car les hommes sont, comme chacun sait, longs à la détente.

    « Il va me dire que, oui, il comptait bien préparer à manger ce soir sans que je lui dise, mais il va commencer trop tard, ce qui va nous faire manger trop tard », regrette l'une, tandis que l'autre déplore qu' « il commence par exemple à couper les concombres avant de faire chauffer l'eau des pâtes ». Sans compter les fêtes d'anniversaires « désurprisée(s) », pour employer les magnifiques néologismes féministes. Heureusement, on entrevoit parfois un mieux : « l'apprentissage n'est pas suffisamment ancré pour être réinvesti et transposé de manière autonome mais il y a eu des progrès » se réjouit l'institutrice. Quel dommage que ces femmes n'aient pas encore eu l'idée de compiler ces belles appréciations dans un bulletin trimestriel, nul doute que cela encouragerait beaucoup leur conjoint à « continuer dans cette voie ».

     

    Face à l'incompétence notoire de leur homme qui s'obstine à avoir des habitudes différentes voire une autre vision de la vie que la leur, certaines se battent encore « Croyant dans l'éducabilité, je me dis que ça s'améliorera,(...) Ça ne sera peut-être pas parfait mais il faut continuer à y croire quand même, donc je continuerai à travailler là-dessus ». Mais d'autres s'épuisent face à l'ampleur de la tâche « Notre aîné a 5 ans, on a une affiche pour lui avec les règles de la maison. Je fais la même chose que pour un gamin de 5 ans. C'est complètement fou! ». N'est pas Super Nanny qui veut.

     

    Certaines vont jusqu'à renoncer, comme cette éducatrice Montessori qui voulait « un adulte fonctionnel » et qui a donc « préféré être seule plutôt que de devoir prendre en charge l'éducation d'un adulte ». Quelle idée aussi de mettre sur le marché des hommes défectueux et sans garantie ? Le patriarcat est décidément partout.

     

    Une coordinatrice RH de 33 ans ne cache pas à quel point ce manque de fonctionnalité de l'homme érode l'amour : « Je ne peux pas aimer quelqu'un que je ne considère pas comme un égal et à qui je considère qu'il faut que j'enseigne des choses sur des aspects comme le ménage ». « J'avais un froid dans mon cœur, parce qu'il ne (...) faisait pas (ce qu'il faut) » explique une autre. Comment ne pas les approuver ? A se demander si l'amour existe vraiment : « Si on veut vraiment être féministe, on ne peut pas être en couple avec un homme » avance l'une des femmes interrogées. Bref, le véritable amour n'est pas introuvable, à condition de chercher du bon côté.

     

    Pour prendre un peu de hauteur, Slate interroge alors Chiara Piazzesi, une « chercheuse montréalaise en sociologie de l'intimité amoureuse et des émotions », professeur à l'Université du Québec à Montréal (Uqam) et membre du Réseau québécois en études féministes (RéQEF ). Voilà qui impose le respect ! Que dit cette dame ? Qu'« on ne peut pas avoir des solutions noires ou blanches» à ce « clash conjugal des socialisations » (dixit Slate). La profondeur de l'analyse laisse sans voix.

     

    Toutes ces terribles épreuves endurées par ces femmes héroïques font déjà froid dans le dos. Mais ce n'est pourtant rien à côté de l'obligation de se « réfrène(r) vachement » pour ne pas « dicter à son conjoint la «bonne» manière de faire ». «  C'est compliqué de ne pas se transformer en la maman de son conjoint » confirme une autre femme.

     

    Ce retour d'un chef de famille fait chaud au cœur !

     

     

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