• Quand Donald nous colle une bonne Trump

     

    Dé-Trumpez-vous : je n'ai aucune espèce de sympathie pour Donald Trump. Quand on aime la littérature, ses euphémismes et ses sous-entendus, on n'est que rarement séduit par les papes du populisme qui croient faire le meilleur en disant le pire. En outre, ce doit être mon côté raciste révélé par l'affaire Black M, je n'arrive pas à me résoudre à ce qu'un homme de race orange ait pu accéder à la Maison-Blanche.

    Pourtant, je ne sais pas ce qui m'inquiète le plus depuis quelques jours : l'élection de Trump ou les réactions à son élection. Beaucoup, sur les réseaux sociaux, avaient réduit celle-ci à un choix entre la peste et le choléra. Je me doutais que le choix de la peste n'enthousiasmerait pas grand monde mais j'étais loin d'imaginer qu'autant de personnes regretteraient le choléra.

    Son entourage, à force de faire croire à Hillary qu'il n'y avait pas de raison de se faire de Bill, ne l'a pas aidée à voir qu'elle allait se prendre une bonne Trump. Mais les erreurs de prévisions ne sont pas les seules responsables de sa défaite. Se contenter d'accuser les sondages, c'est oublier qu'il ne faut jamais prendre les chiffres au pied de la lettre. Et cela traduit bien la difficulté qu'elle a eue et qu'elle a encore à analyser les raisons de son échec. Difficulté qu'elle partage avec ses électeurs et ses supporters de tous les pays.

    Que les mêmes qui hurlaient « pas d'amalgame ! » puissent assimiler Trump à ses électeurs et mettre tous ceux-ci dans le même sac, celui des « ignorants », des « crétins » ou « des racistes » doit en tout cas conforter nombre des soutiens du milliardaire dans leur choix et fait sans doute saliver d'avance ceux de Marine Le Pen. Doit-on mettre dans le même panier les racistes et ceux qui n'ont pas cru aux salades de Clinton ? Sont-ils tous abrutis parce qu'ils n'ont pas voulu des promesses de la globalisation heureuse ?

    Certes, on ne peut décemment se réjouir que celui qui traite les femmes comme de la viande soit élu. Mais il ne suffisait pas d'affirmer haut et fort que le mac Donald ne croit qu'en sa grosse frite pour que plus personne ne choisisse le menu qu'il concocte pour les Etats-Unis. Et pour Clinton, la note est plutôt salée.

    Admettons-le : il y a quelque chose de terriblement injuste à ce que le soutien de Lady Gaga et de Beyoncé ne suffise pas à faire élire un politique-à moins que ce ne soient les faveurs sexuelles proposées par une quasi sexagénaire qui aient changé Madonne. Mais l'argumentaire des adversaires de Trump était trop simple pour réussir : c'est un raciste, un sexiste, un fou. Quiconque a un cœur et un peu d'humanité dedans ne peut décemment voter pour lui. Or la démo des démocrates n'aura pas suffi à répudier le Républicain.

    Ce n'était pas facile de coller son billet qu'un homme dont la fortune est estimée à 3,7 milliards de dollars puisse passer pour davantage proche du peuple que son adversaire. Mais c'est sans doute là que réside le seul mérite de Trump : avoir compris le ras-le-bol du peuple des banques, des multinationales et des lobbys. En insistant sur le financement plus que douteux de la fondation Clinton, en martelant sa défiance vis à vis de l'establishment et en proposant lors de ses cent premiers jours des mesures destinées à lutter contre les lobbys, il a sans doute réussi à gagner quelques indécis et à faire pencher la balance de son côté. Ceux qui pensaient, comme les Clinton, que fricoter avec le Qatar était incontournable et n'avait plus aucune incidence sur l'opinion se sont mis le Doha dans l'œil.

    Tout comme nos commentateurs et nos analystes qui n'ont pas vu venir l'élection de Donald Plutôt alors que le Brexit aurait dû nous alarmer sur la colère des peuples et le refus de ce monde globalisé qu'on nous propose comme seul horizon. Résultat : on s'est beaucoup moqué de la femme de Trump qu'on avait bien du mal à imaginer en première dame. Mais Donald avait raison de prendre sa Daisy pour une réalité.

    Je suis toujours un peu surpris que certains de mes concitoyens parviennent à garder leur sang-froid quand nos enfants se font écraser dans la rue par nos propres compatriotes mais crient à la fin du monde quand un peuple élit démocratiquement son président. Quant à ceux qui continuent de penser que l'élection du milliardaire serait la preuve qu'il y a 50% de crétins dans le monde, je crois qu'ils surestiment grandement l'être humain. Si Trump n'a certainement pas le monopole du cœur, ses adversaires ont prouvé qu'il n'avait pas non plus celui du mépris de l'autre.

     

    « Quand les médias passent un grand coup de bigot(s)Ne nous Fillon ni aux sondages ni aux résultats »
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