• Squat? Toujours prêts!

     

    Certes, quand on a 83 ans, qu'on est infirme et malvoyant, comme Maryvonne, cette habitante de Rennes ayant désiré venir revivre dans sa maison après la mort de son compagnon, constater que son logement est habité par des squatters n'est pas toujours une bonne nouvelle.

    Surtout qu'il est bien difficile de mettre quelqu'un à la porte quand on n'arrive même pas à l'ouvrir. Et que fermer ses persiennes n'empêchera personne de se faire reprendre de volet. Bref, pas évident de trouver la clé dans une telle situation et à moins d'avoir des idées qui cassent la baraque, il faudra sans doute accepter de baisser pavillon et hisser le drapeau blanc.

    Mais qu'en est-il des squatters dont l'effraction est le dénominateur commun ? Est-ce normal qu'ils soient les seuls, toute l'année, à en voir des vertes et des pas de murs? N'est-ce pas justice que passé le délai de 48 heures, le propriétaire n'ait plus le droit, depuis 2007, de les expulser et qu'il doive en passer par la justice ?

    N'est-ce pas, après tout, logique, qu'il suffise d'être à l'intérieur d'un chez soi pour ne plus être hors la loi ? Si pénétrer dans une maison et en ressortir est considéré comme un délit, n'est-il pas normal qu' y rester soit quasiment un droit ? A-t-on idée, vraiment, de laisser sa maison inoccupée pendant plus de vingt-quatre heures ? N'est-ce pas uniquement un problème de riche ?

    Non, soyons tout à fait honnêtes avec nous-mêmes : il n'y a pas de mal à se faire un bien et il y a même une foule de conséquences positives à cet acte. 

    Ce n'est pas parce que les squatters ont tout fermé à double tour que ce ne sont pas des gens ouverts. Qui vole un veuf ne vole pas un bœuf. Si, en dormant dans votre lit, ils vous signifient clairement qu'ils entendent bien tirer la couverture à eux et que ça ne fait pas un pli, cela ne veut pas dire automatiquement que vous êtes dans de sales draps.

    Quand on n'a plus de domicile, il faut savoir se montrer docile et on devrait au contraire se sentir flatté que les gens aient envie de venir habiter chez nous, qu'ils ne soient pas plus regardants que ça sur la déco et qu'ils permettent enfin à certains de rentabiliser leur chambre d'amis. N'oublions pas que seuls les squatters acceptent de vivre dans des maisons parfois délabrées et qu'ils y mettent même un certain entrain : aussi taudis, aussitôt fait.

    Sans compter que même s'ils ont dévalisé certains objets qui vous appartiennent, ils ne se sentent pas pour autant dans une chambre d'ôte et ne râlent jamais sur le fait que personne ne soit là pour leur mijoter un bon repas. En outre, sans les squatters, qui penserait encore à faire changer ses serrures ?

    Mais ce n'est pas tout : les squatters sont aussi le meilleur rempart contre le suicide car plusieurs spécialistes ont constaté que ne plus avoir de logis faisait subitement passer toute envie de se défénestrer.

    Avouons également qu'à 83 ans c'est pratique de ne pas vivre chez soi puisqu'à cet âge, tôt ou tard on finit par retourner avec ses parents. Dans ce cas, posons la question sans tabou : ne serait-on pas mieux à dormir au cimetière pour gagner du temps et économiser des frais ?

    Enfin, et ce n'est pas le moins important, on aurait grand tort de penser qu'avec des squatters, on a ses derniers espoirs de loc à terre car leur prêter sa maison, c'est un peu signer un double bye avec anticipation sur la mise en demeure

    Bref, en donnant un abri aux pauvres, Maryvonne est devenue un vrai Robin des toîts et en évitant de confier la location de sa maison à une agence, elle évitera une bonne fois pour toutes qu'on pousse mémé dans les ORPI.

     

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