• Mon admiration sans bornes pour Leo Muscato, le metteur en scène qui a revisité Carmen, et pour la pertinence de son combat, m'a tout naturellement porté à vouloir réécrire d'autres œuvres artistiques pour dénoncer les violences faites aux femmes. A trop vouloir défendre l'art contre la marche du monde et les idéaux progressistes, nous risquons en effet de passer à côté de ce à quoi l'histoire nous appelle. Car qu'est-ce qu'un chef d'œuvre au regard de la prééminence des valeurs modernes ? De quel droit s'obstine-t-on à vouloir faire perdurer des œuvres qui peuvent à tout moment heurter telle minorité ou blesser tel ou tel individu ?

     

    Il est extrêmement contre-productif et à terme destructeur de maintenir dans les programmes de lycée l'étude d'une pièce de théâtre aussi sexiste que Dom Juan, personnage dont les propos seraient aujourd'hui passibles d'une condamnation et dont les œillades tomberaient, et à juste titre, grâce à Marie Madeleine Schiappa et ses disciples, sous le coup de la loi.

     

    Les réactionnaires ont beau jeu de prétendre qu'une œuvre est représentative d'une époque et qu'il est vain de vouloir la moderniser. Ces grincheux n'ont sans doute jamais vu l'adaptation au cinéma des Misérables de Tom Hooper ni jamais entendu les reprises de Barbara par Patrick Bruel pour proférer de telles inepties.

     

    Contrairement à ce qu'on pourrait croire et à ce que certains imbéciles ont pu affirmer avec une étonnante mauvaise foi à propos de Carmen, une réécriture ne dénature en aucun cas l'original et présente l'avantage non négligeable d'être beaucoup plus courte, ce qui évitera aux jeunes générations des heures de lecture fastidieuses à même de les priver de précieuses heures de détente devant les écrans. Je vous laisse juge.

     

    Done Elvire : Me ferez-vous la grâce, Dom Juan, de vouloir bien me reconnaître ? Et puis-je au moins espérer que vous daigniez tourner le visage de ce ce côté ?

     

    Dom Juan : Madame, mon attitude inqualifiable est la conséquence de siècles de patriarcat et de domination masculine mais soyez assurée que ce règne touche à sa fin et que la contrition qui est la mienne en cet instant ne restera pas sans effet. Je défendrai avec tout mon cœur l'égalité des droits de même que je lutterai de toutes mes forces contre le harcèlement, les agressions et les trottoirs trop étroits. Je m'engage ici devant vous à renouveler les vœux que je vous ai faits et à ne plus m'éloigner de vous si ce n'est pour aller faire les courses ou laver mes chaussettes sales au lavoir car je tiens plus que tout à une juste répartition des tâches. Comme gage de ma fidélité, je vous offre, non des fleurs ni une bague, ridicules vestiges d'une époque où les luttes intersectionnelles n'existaient pas, mais la photo de Caroline De Haas. Et tant pis pour les anachronismes, l'égalité avant tout !

     

    FIN

    Google Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • En dépit de son titre, Comment vivre au temps du terrorisme ? qui laisse penser que ce terrorisme serait une entreprise plus ou moins organisée et auquel je préfèrerais donc un plus sobre Comment vivre au temps d’attaques de loups solitaires et de déséquilibrés ?, le livre d’Alain Bauer, François Freynet et Christophe Soullez est vital pour qui ne veut pas mourir. C’est sans doute le livre le plus essentiel de ces derniers mois juste derrière la biographie de Jéremstar.

     

    Cet ouvrage, qui dynamite nos préjugés et fera sans doute l’effet d’une bombe, est en effet un manuel de survie pratique et philosophique qui vise juste, ne verse pas dans le sensationnel et va obliger tous les terroristes à se serrer la ceinture à explosifs.

     

    Il donne notamment une foule de conseils indispensables pour échapper aux attentats, comme « (anticiper) la direction dans laquelle il est le plus juste de se déplacer ». Si par exemple des hommes armés de lance-roquette vous font face, évitez de leur foncer dessus en fuyant mais privilégiez plutôt d’autres itinéraires. Avouez qu’il fallait y penser. Imaginez un peu le nombre de vies qui pourraient être sauvées avec ce seul conseil.

     

    Mais les auteurs ne s’arrêtent pas là puisqu’ils nous invitent également à « anticiper une attaque et repérer les points d’échappatoire latéraux et arrières de mise à l’abri : se placer en fonction de ceux-ci, être en capacité de ne pas repartir par l’endroit où on est arrivé ». C’est exactement ce que je me disais l’autre jour pendant que je faisais l’amour à ma femme et que j’essayais de visualiser les endroits de la chambre par lesquels les terroristes potentiels pourraient choisir d’entrer. Elle m’a trouvé très endurant.

     

    Les auteurs concèdent que dans certains cas, l’action collective peut être utile, mais uniquement si c'est le fait de « contrôles aléatoires (…) spécifiquement sécurisés avec des pratiques issues des éléments connus de progressions armées, en triangulation et avec des moyens de diffusion d’alerte en observation ». Ca va sans dire.

     

    Bref, c’est donc toute une attitude qu’il faut changer si l’on veut résister au terrorisme. L’important est de « ne pas être surpris par les personnes et les lieux, savoir reconnaître lesquels sont le plus à risque ». Et je crois que tout le monde sera d’accord pour dire que celui qui n’agirait pas ainsi, mérite, d'une certaine manière, de mourir.

     

    Les auteurs rappellent d’ailleurs, sans aucune contradiction avec ce qui précède que « dans les faits tout rassemblement devient une cible potentielle, pour autant qu’(on) se trouve au mauvais moment au mauvais endroit ». De même, ils précisent, plus loin, dans une sorte d’apothéose de la cohérence que « personne ne pense naturellement qu’une terrasse de café constitue une cible d’attaques terroristes et pourtant elle le devient ».

     

    Mais pour résister vraiment au terrorisme, c’est notre conception même de celui-ci qui doit changer. D’abord, Il faut être capable de le définir, de comprendre ce qu’il est, d’où il vient. Et la première erreur serait évidemment de croire qu’il est islamiste. Ces terroristes sont en réalité, « selon l’une des rares expressions justes utilisées depuis les attentats de 2015 », « une armée terroriste barbare » expliquent les auteurs. On pouvait difficilement trouver formule plus éclairante.

     

    En résumé, on le voit, Il n’y a pas de profil à risque à proprement parler mais il ne faut pas non plus se voiler la face. Le vrai danger à l’heure actuelle, ce sont évidemment les catholiques traditionnels. Si vous voyez un homme de type caucasien muni d’un crucifix et de gousses d’ail, courez.

     

    Vous l’avez compris, contrairement à ce que pensent de nombreux imbéciles, combattre l’islamisme en essayant de contrer leur idéologie n’aura que peu d’effet ou risque à terme d’avoir de très graves conséquences. La vraie solution pour répondre à ce défi collectif, c’est d’agir de manière individuelle. Car soyons honnêtes : si les victimes de Nice, du Bataclan, de l’hyper casher et j’en passe avaient été prévoyantes, on n’en serait pas réduits à devoir faire des commémorations tous les trois jours et à exploser nos budgets bougies. 

     

    Ensuite, il faut « accepter de vivre avec », c’est même le titre du chapitre 1. Tant que nous n’aurons pas accepté que nos compatriotes se fassent égorger, rouler dessus ou déchiqueter plusieurs fois par an, mais que nous choisirons d'en faire tout un plat, nous ne serons pas dans notre assiette.

     

    Enfin, et c’est le plus important, il faut comprendre que contrairement à ce qu’affirmait un Premier ministre, nous ne sommes pas en guerre. En revanche, « notre pays est attaqué par des terroristes qui eux lui font la guerre » précisent les auteurs. Tant que nous ne répondrons pas, nous pourrons effectivement continuer à nous faire massacrer dans la paix. C’est de bonne guerre.

     

    Jusqu'ici, je dois l'avouer, j'étais préoccupé par l'avenir. Mais grâce aux auteurs de ce livre, j'ai retrouvé l'espoir et la plénitude. S'inquiéter de tout pour ne plus avoir peur de rien et accepter l'inacceptable, telle est désormais ma devise.

     

     

    Google Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • Comment ne pas être reconnaissant à Emmanuel Macron de nous accorder un quart d’heure de son temps précieux pour nous adresser ses vœux, lui qui en une seule minute de réflexion, peut résoudre trois crises mondiales ? C’est bien la preuve que contrairement à ce que disent les mauvaises langues, Jupiter ne se croit pas sorti de sa propre cuisse.

     

    Si ce demi-dieu prend la peine de s’abaisser à parler aux terriens et accepte de laisser quelques instants les festivités de côté et Christophe Castaner sans surveillance, il ne peut y avoir objectivement que deux raisons: ou bien il aime vraiment les Français, ou alors il déteste autant les godillots que les cotillons.

     

    La gravité du ton employé nous l’annonce d’emblée : contrairement à son prédécesseur, Jupiter n’est pas du genre à plaisanter, il a le vœu sacré. Dès le début de sa prise de parole, Macron précise le contexte dans lequel il s’adresse aux Français. Le pourfendeur des prestations sociales imagine ces derniers en train de l’écouter avec leurs proches et rappelle donc que ses vœux, malgré leur solennité, sont avant tout une allocution familiale.

     

    Puis le président dresse un premier bilan de son action. “Je me suis attaché à faire ce à quoi je m’étais engagé durant la campagne” explique celui qui a attendu d’être élu pour dévoiler son programme. Et le chef de l’Etat de préciser son projet pour 2018 en faisant vœux de tout bois : “des réformes intenses”, “une économie forte”, ”une France forte” “une Europe forte”. On peut difficilement faire plus détaillé et plus varié.

     

    “L’Europe peut devenir cette puissance économique, sociale, écologique et scientifique” annonce sobrement Manu, oubliant d’ajouter que Jean-Claude Juncker peut devenir un super-héros volant au secours des ouvriers, des agriculteurs, des chômeurs, et de Francis Lalanne.

     

    C’est seulement à ce prix que nous trouverons “ce goût en commun d’un avenir dont nous décidons par nous-mêmes” nous explique ensuite celui qui a appliqué à la lettre le programme commun voulu par l’Europe en matière de droit du travail, de gel du SMIC ou de suppression de l’ISF.

     

    Quant au terrorisme islamiste, il en fait son affaire lui-même militari et croit en des jours meilleurs : “C’est une grammaire de la paix et de l’espérance qu’il nous faut aujourd’hui réinventer”. Le vocabulaire de la com’, lui, n’a plus de secrets pour Manu.

     

    “Demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour le pays” nous exhorte Manu. “ Car si vous pensez que le pays va faire quelque chose pour vous, vous pouvez toujours vous gratter”, aurait-il pu ajouter s’il avait été au bout de sa logique. Le soir de la Saint-Sylvestre, il ne faut pas confondre faire le décompte et demander des comptes.

     

    A cet instant, il ne me reste plus qu’à écouter Manu s’exclamer “Vive la République, vive la France”. Et à la fin de l’envoi, je me couche.

     

    Google Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • Je n’ai jamais été un grand fan de Rafaël Nadal. Je lui ai toujours préféré l’élégance et la fluidité de son rival, Roger Federer. Mais je dois reconnaître qu’hier, en regardant son match contre David Goffin au 1er tour du Masters, j’ai été impressionné par son attitude.

     

    Visiblement gêné par une douleur au genou droit dès le début de la rencontre, l’Espagnol n’a jamais semblé envisager l’idée d’abandonner. Pas même au troisième set quand celle-là était si intense qu’il devait renoncer à chercher certaines balles, ralentir son engagement pour éviter de trop pousser sur les jambes voire jouer contre nature pour écourter l’échange en montant au filet à la moindre occasion. Pas même quand il a concédé un double break le condamnant de manière quasi certaine à la défaite.

     

    Non seulement il a retenu des larmes de douleur au changement de côté mais il a semblé s’appliquer à se tenir le moins possible le genou, à ne pas se plaindre de sa douleur et ce jusqu’à la balle de match. En partie parce qu'il a un mental hors pair et qu’il y a cru jusqu’au bout, c’est vrai –il est même parvenu sur une jambe à refaire un de ses breaks de retard-. Mais également car il a voulu laisser aux spectateurs la chance de vibrer jusqu’à la fin et à son adversaire le droit de savourer une victoire qui ne soit pas amputée de l’émotion du dernier point, minimisée par un abandon ou galvaudée par la gêne trop manifeste de son rival du jour.

     

    Quand on pense au nombre de grimaces et de lamentations d'Andy Murray à la moindre piqûre de moustique ou à la promptitude avec laquelle les joueurs français sont capables d'abandonner, il y a effectivement de quoi être admiratif.

     

    Le numéro 1 mondial, en tenant à sortir par la petite porte de la défaite dans les règles, est sorti par celle des immenses champions, ceux qui ne sont jamais aussi beaux et humains que dans la défaite. Celle de la noblesse et de l’humilité. Hier soir, Rafaël Nadal n’a pas battu, et il s’en est finalement fallu de peu, David Goffin. Mais à la manière d’un marathonien, il est sorti victorieux du match qu’il a livré contre lui même. Et c’est autrement plus méritoire.

    Google Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • Je suis de plus en plus sidéré, choqué même par le conservatisme de nos grands écrivains. Si nous tenons vraiment à créer une société ouverte sur le monde, dans laquelle les futures générations puissent s’épanouir et vivre en harmonie, il me paraît urgent de corriger certains textes afin d’en effacer les honteux stigmates sexistes, racistes, réactionnaires ou transphobes.

     

    Imaginez quel message d’espoir nous transmettrions à nos enfants si nous parvenions à leur léguer une littérature bienveillante, intersectionnelle, pluraliste et moins offensante.

     

    Voici ce que deviendrait, dans un monde idéal, l’un des poèmes les plus connus et les plus étudiés en classe de Paul Verlaine, « Mon rêve familier ».

      

    « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant »

     D’emblée, par l’usage de l’adjectif « pénétrant », le poète se place du côté des dominants et impose la norme virile comme le rappelait fort justement il y a quelques jours la philosophe Olivia Gazalé :

    http://www.20minutes.fr/societe/2159983-20171106-norme-virile-valorise-penetrant-stigmatise-penetre-deplore-philosophe-olivia-gazale. Choisissons plutôt une formule plus inclusive : « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant ou pénétré ». Ce choix d’écriture présente en outre l’avantage non négligeable de bannir la rime, habitude bourgeoise et conservatrice.

     
    « D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime ». Ici, l’auteur, pourtant homosexuel, fait un choix clairement hétéronormé, sans doute enserré par les contraintes sociétales de l’époque. De même, sa vision patriarcale de l’amour transparaît à travers l’inégalité dans le traitement de l’homme, qui initie, et de la femme, qui subit et qui n’est capable d’aucune prise de décision mais uniquement de réciprocité affective. Voici ce que Verlaine aurait dû écrire s’il avait été davantage fidèle à ses convictions et plus déterminé à faire triompher la cause progressiste :

     

    « D’un homme/ d’une femme inconnu·e et qui m’aime, et que j’aime »

     

    "Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
    Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend. » Là encore, le poète cède aux injonctions de l’époque. La femme est réduite à une simple fonction, elle est interchangeable (culture du viol) et n’est considérée qu’à travers les prismes maternel et utilitaire. Elle ne serait là que pour assister l’homme, le servir, lui prodiguer des soins. Cette vision sexiste de la femme qui pointe dans ces deux vers atteint son paroxysme à la strophe suivante.

    « Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
    Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
    Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
    Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. » Ajoutons que le nauséabond « front blême » nous renvoie aux heures les plus sombres de notre histoire puisqu’il érige l’homme blanc en modèle et invisibilise les minorités.

    « Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
    Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
    Comme ceux des aimés que la Vie exila. » Le premier vers du tercet, en plus d’invisibiliser les racisée·e·s, tend à définir la femme par sa couleur de cheveux au lieu de mettre en avant les vraies identités de genre et de sexualité. On n’oubliera pas également d’enlever la référence à l’exil qui pourrait blesser certain·e·s. Enfin, on veillera à remplacer le passé simple, temps excluant et marqueur social créateur d’inégalités, par un plus accessible passé composé.

    « Son regard est pareil au regard des statues,
    Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
    L'inflexion des voix chères qui se sont tues. » La comparaison de la femme avec la statue la réduit au rang d’objet et renvoie à une vision archaïque, manichéenne et machiste de la société. Sans compter que la beauté ne devrait pas être le critère numéro un dans une relation amoureuse, Verlaine aurait dû davantage lutter contre l’injonction à être belle prônée par nos sociétés. En outre, la référence aux statues est loin d’être uniquement méliorative si l’on songe un instant à toutes celles qui représentent des figures historiques douteuses, prônant le nationalisme et le racisme. Ajoutons que considérer la voix comme un attribut permettant de différencier le féminin du masculin est non seulement stigmatisant pour les gens de sexe neutre mais également contraire à toutes les études scientifiques de genre.

     

    Voici donc ce que donnerait, en utilisant bien évidemment l’écriture inclusive, seule langue garantissant l’égalité des sexes, et en dérégulant la forme réactionnaire du sonnet, une version de ce poème non offensante et respectueuse des minorités  :

     

    Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant ou pénétré, d’une femme/ d’un homme inconnu·e, et qui m’aime, et que j’aime, et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait le/la même, ni tout à fait un/ une autre, et m’aime et me comprend tout comme je le/la comprends également, dans un même élan de fraternité solidaire et de vivre-ensemble.

    Car il/ elle me comprend, nous nous comprenons, et mon cœur transparent pour il/ elle seul·e, hélas! cesse d’être un problème, tout comme le sien cesse d’être un problème pour moi. Pour il/ elle seul·e, et les moiteurs de mon front blême/ mate/ marron/ noir/ jaune, il/ elle seul·e les sait rafraîchir tout comme je les rafraîchis aussi, en pleurant.

    Est-il/ elle brun·e, blond·e ou roux·sse, gay, lesbien·nne, bi, trans, queer, allosexuel·le, pansexuel·le, neutre, cisgenre, métis·se, racisé·e? Je l’ignore. Son nom? Je me souviens qu’il est doux et sonore, comme ceux/ celles/ celleux des aimé·e·s que la vie a éloigné·e·s.

    Son regard est très beau, mais ce n’est pas le plus important car j’apprécie surtout chez lui/ elle sa volonté de lutter contre le repli sur soi et les idées nauséabondes. Pour elle/ lui, je décrocherais la lune ou déboulonnerais des statues de Colbert et du Général Lee.

     

    Google Bookmarks Blogmarks

    5 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires