• Manu ne joue pas avec le vœu

    Comment ne pas être reconnaissant à Emmanuel Macron de nous accorder un quart d’heure de son temps précieux pour nous adresser ses vœux, lui qui en une seule minute de réflexion, peut résoudre trois crises mondiales ? C’est bien la preuve que contrairement à ce que disent les mauvaises langues, Jupiter ne se croit pas sorti de sa propre cuisse.

     

    Si ce demi-dieu prend la peine de s’abaisser à parler aux terriens et accepte de laisser quelques instants les festivités de côté et Christophe Castaner sans surveillance, il ne peut y avoir objectivement que deux raisons: ou bien il aime vraiment les Français, ou alors il déteste autant les godillots que les cotillons.

     

    La gravité du ton employé nous l’annonce d’emblée : contrairement à son prédécesseur, Jupiter n’est pas du genre à plaisanter, il a le vœu sacré. Dès le début de sa prise de parole, Macron précise le contexte dans lequel il s’adresse aux Français. Le pourfendeur des prestations sociales imagine ces derniers en train de l’écouter avec leurs proches et rappelle donc que ses vœux, malgré leur solennité, sont avant tout une allocution familiale.

     

    Puis le président dresse un premier bilan de son action. “Je me suis attaché à faire ce à quoi je m’étais engagé durant la campagne” explique celui qui a attendu d’être élu pour dévoiler son programme. Et le chef de l’Etat de préciser son projet pour 2018 en faisant vœux de tout bois : “des réformes intenses”, “une économie forte”, ”une France forte” “une Europe forte”. On peut difficilement faire plus détaillé et plus varié.

     

    “L’Europe peut devenir cette puissance économique, sociale, écologique et scientifique” annonce sobrement Manu, oubliant d’ajouter que Jean-Claude Juncker peut devenir un super-héros volant au secours des ouvriers, des agriculteurs, des chômeurs, et de Francis Lalanne.

     

    C’est seulement à ce prix que nous trouverons “ce goût en commun d’un avenir dont nous décidons par nous-mêmes” nous explique ensuite celui qui a appliqué à la lettre le programme commun voulu par l’Europe en matière de droit du travail, de gel du SMIC ou de suppression de l’ISF.

     

    Quant au terrorisme islamiste, il en fait son affaire lui-même militari et croit en des jours meilleurs : “C’est une grammaire de la paix et de l’espérance qu’il nous faut aujourd’hui réinventer”. Le vocabulaire de la com’, lui, n’a plus de secrets pour Manu.

     

    “Demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour le pays” nous exhorte Manu. “ Car si vous pensez que le pays va faire quelque chose pour vous, vous pouvez toujours vous gratter”, aurait-il pu ajouter s’il avait été au bout de sa logique. Le soir de la Saint-Sylvestre, il ne faut pas confondre faire le décompte et demander des comptes.

     

    A cet instant, il ne me reste plus qu’à écouter Manu s’exclamer “Vive la République, vive la France”. Et à la fin de l’envoi, je me couche.

     

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