• Le fair-play d'Andy Murray

    On savait l’Ecossais enclin aux facéties, toujours prompt à féliciter l’adversaire et doté d’une bonne humeur contagieuse mais son association avec Ivan Lendl a donné à son légendaire fair-play une nouvelle dimension.

    Comment ne pas être fair-play quand on est coaché par un tel mentor ? Le champion Tchèque savait mieux que quiconque jouer avec le sourire, être beau perdant, ne jamais viser l’homme au filet et surtout instaurer avec ses rivaux des rapports de franche camaraderie.

    Ces deux-là étaient faits, de toute évidence, pour s’entendre.

    Alors, lorsque Murray pénètre sur le court, nimbé d’innocence et de modestie, débordant de générosité, la casquette vissée sur la tête comme un symbole de son ouverture sur le monde, notre ferveur patriotique s’amenuise et une furieuse envie de manger du rosbif, de la salade sans sauce, de la gelée, voire du pudding nous étreint.

    On souffre avec lui quand on le voit à l’agonie au premier set, se touchant le dos dès qu’il perd une balle, grimaçant et se tordant de douleur, le tout sans jamais chercher à exagérer son mal ou à tirer profit de cette situation ; on admire l’incroyable souplesse dont il fait preuve sur tous ses services et sur toutes ses glissades, témoignages vivants d’un courage hors du commun pour un joueur handicapé du dos ; on l’encourage presque lorsqu’il revient dans le match au cours d’une deuxième manche parfaitement maîtrisée et on reste médusé par son dépassement de soi qui lui fait totalement oublier la douleur dans les deux derniers sets.

    Mais c’est surtout sa sportivité qui fascine : son respect des décisions arbitrales est tel qu’il attend toujours le verdict du juge de chaise même quand il voit que la balle de Gasquet est bonne ou que Richard lui indique que la sienne est dehors.

    C’est sans doute ce fair-play « so british » qui fait de lui un personnage si attachant et le public de Roland, d’habitude si chauvin, ne s’y trompe pas, lui qui ovationne l’Ecossais à chaque occasion.

    Devant son extraordinaire bonhomie, il nous vient des envies de lui taper dans le dos et de l’inviter à boire des pintes. Et il faut vraiment se retenir à la fin du match pour ne pas entonner le Flower of Scotland en l’honneur de cet immense champion.

    « Le rire est le propre de l’homme » disaient en chœur Aristote, Rabelais et Bergson, sans même connaître l’Ecossais, preuve que les vérités universelles ne sont pas l’apanage du seul Jean-Claude Van Damne.

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