• Faut-il parler français avec l'accent?

     

    Si l’Education nationale s’attendait, en ôtant les chapeaux, à ce que les Français lui tirent le leur, elle constatera qu’elle aurait sans doute mieux fait de manger le sien. Elle pensait qu’en enlevant une couche à l’oignon, personne n’allait pleurer. Elle s’est mise le doigt dans l’œil.

     

    Ce n’est pas parce que les Français sont de plus en plus nuls en orthographe qu’ils donnent leur accord au premier venu. Et que la quasi disparition du circonflexe ne les laisse pas circonspects. En refusant massivement la lente dégringolade du langage vers l’écriture texto, les Français envoient un message fort au gouvernement.

     

    Si la rue de Grenelle avait enseigné en ZEP, elle saurait que certes, les très bons élèves sont parfois moqués, mais ils ne le sont pas autant que ceux qui ne savent ni lire ni écrire. Hélas, on ne peut pas demander à ceux qui ont supprimé les chapeaux d’être aussi pointus.

     

    Sur l’orthographe comme sur le reste, le ministère multiplie les fautes. Et il a beau jeu d’essayer de nous faire croire que c’est une décision prise par les éditeurs de manuels scolaires eux-mêmes, sans qu’on ne leur ait dicté quoi que ce soit. Cette réforme, largement enterrée depuis 1990, n’a pas ressuscité toute seule. Et dans le rôle de celle qui l’a fait surnager, on peut mettre un petit billet sur Najat.

     

    On nous dit de ne pas nous inquiéter, que ça ne vaut pas le coup d’en faire quatre-cents pour 2400 mots qui changent. Quand on sait qu’un lycéen utilise en moyenne 1000 mots dans sa vie quotidienne, on se dit que ce chiffre n’est pas si dérisoire.

     

    On nous dit aussi que cet enseignement n’est pas obligatoire, que les professeurs ne sont pas tenus d’enseigner la réforme à leurs élèves. Ingénieux : ceux qui verront nénufar écrit avec un f seront donc convaincus qu’on a écrit comme un crapaud alors qu’il n’en est rien. C’est en étang si imprécis dans les consignes données aux professeurs que les élèves risquent de boire la tasse.

     

    Si, à chaque difficulté rencontrée par les élèves, on décide de change les règles, ils risquent d’avoir bien du mal à tracer leur chemin. Pas de panique ! il ne s’agit en aucun cas d’un nivellement par le bas, nous assure-t-on. Mais enlever les circonflexes, qu’on le veuille ou non, c’est ne plus mettre l’accent sur l’orthographe.

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