• Alors, ça y est, le grand changement est là. Il y avait le big bang, la révolution française, il y a désormais le remaniement. Celui qui va éradiquer le chômage, la pollution, le virus Zika et le terrorisme islamiste. Quelles sont les mesures concrètes que va prendre ce nouveau gouvernement ? « rester dans une cohérence » répond sans sourciller le chef de l’Etat à Pujadas. Voilà qui promet une belle fin de mandat pour le président. Et on se dit que ça valait vraiment la peine de se magner de remanier.

    M. Bricolage s’y connaît en rafistolages. Et il n’a pas peur de restaurer la France par le simple usage de sa fausse scie et de son marteau. Rendez-vous compte : pas moins de six arrivées, dont Jean-Marc Ayrault, à des postes aussi stratégiques que l’aide aux victimes, ça a de quoi donner le tournis. 4 novices de la fonction dont trois écolos, c’est bien la preuve que le gouvernement est prêt à nous en faire voir des Verts et des pas mûrs.

     

    Ce n’est plus un changement, c’est une transfiguration. Et si on ne sait pas encore qui aura l’honneur d’aller prier sur la montagne avec le Dieu pépère et son fils prodigue, on sait déjà que Daech va trembler. L’édifice national s’écroule ? Hollande et ses disciples le rebâtiront en trois jours et trois nuits.

     

    Car le miracle de ce gouvernement, c’est d’avoir réussi à faire coexister en son corps plusieurs sensibilités différentes. C’est comme si, d’un seul coup, toute la classe politique avait été touchée par la grâce. C’est ainsi que les écologistes, après avoir craché leur haine contre ce gouvernement faussement de gauche, ont découvert le chemin de la miséricorde et ont logiquement ravalé leurs glaires pour éviter de polluer la nature avec. Placé, qui avait juré qu’il n’accepterait pas moins qu’un poste de ministre, accepte de ne pas être gagnant, en devenant secrétaire d’Etat, quelle humilité ! Et Emmanuelle Cosse a même annoncé qu’elle se mettait en retrait du parti des verts.

     

    La rancoeur, le ressentiment ? les écolos ne mangent pas de ce pain-là et préfèrent l’hostie à l’hostilité. Ici tout le monde communie, et croit qu’il n’y a pas à faire de manies quand on remanie. « Le cœur a des ministères qu’aucun raisonnement ne pénètre » aurait sûrement dit Guy de Maupassant.

     

    Quant au chômage, annoncé par Hollande comme la deuxième priorité du gouvernement, il sera combattu par le statu quo, tous les ministres censés lutter contre lui étant confirmés dans leur fonction. Quand on demande à Pépère pourquoi il ne tire pas un trait sur le passé, celui-ci répond qu’Il a « une ligne ». Voilà une mise au point qui devrait rassurer les plus sceptiques. Il ajoute même « cette ligne je la tiens ». Si on osait, on lui soufflerait que c’est peut-être ça le problème, qu’il faudrait qu’il la lâche un peu.

     

    « Je ne fais pas de calculs politiques » ajoute le président. Visiblement, il ne fait pas de calculs tout court non plus. 1,2 million de chômeurs en plus depuis son arrivée au pouvoir, ça pourrait peut-être l’inciter à penser que « rester dans la cohérence » ne suffira pas. Mais Pujadas et Boulleau ont eu beau essayer de lui faire dire comment il allait s’y prendre pour enrayer le chômage, et en quoi les écolos allaient lui être utiles dans cette tâche, impossible de lui tirer les Verts du nez.

     

    Enfin, on ne peut que s’incliner devant l’opération de com’ du gouvernement. Créer un ministère de « l’égalité réelle », c’est une façon habile d’avouer que jusqu’ici elle était fictive. Et si le gouvernement cherchait simplement à faire un maxi bruit avec ce ministère, au moins, c’est réussi. Quant au ministère de la famille, de l’enfance et des droits des femmes, il prouve de manière éclatante que la parité ne suffira jamais à combattre le sexisme. Bref, pour François Hollande comme pour les écolos, du reniement au remaniement, il n’y a qu’un « ma ».

     

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    Si l’Education nationale s’attendait, en ôtant les chapeaux, à ce que les Français lui tirent le leur, elle constatera qu’elle aurait sans doute mieux fait de manger le sien. Elle pensait qu’en enlevant une couche à l’oignon, personne n’allait pleurer. Elle s’est mise le doigt dans l’œil.

     

    Ce n’est pas parce que les Français sont de plus en plus nuls en orthographe qu’ils donnent leur accord au premier venu. Et que la quasi disparition du circonflexe ne les laisse pas circonspects. En refusant massivement la lente dégringolade du langage vers l’écriture texto, les Français envoient un message fort au gouvernement.

     

    Si la rue de Grenelle avait enseigné en ZEP, elle saurait que certes, les très bons élèves sont parfois moqués, mais ils ne le sont pas autant que ceux qui ne savent ni lire ni écrire. Hélas, on ne peut pas demander à ceux qui ont supprimé les chapeaux d’être aussi pointus.

     

    Sur l’orthographe comme sur le reste, le ministère multiplie les fautes. Et il a beau jeu d’essayer de nous faire croire que c’est une décision prise par les éditeurs de manuels scolaires eux-mêmes, sans qu’on ne leur ait dicté quoi que ce soit. Cette réforme, largement enterrée depuis 1990, n’a pas ressuscité toute seule. Et dans le rôle de celle qui l’a fait surnager, on peut mettre un petit billet sur Najat.

     

    On nous dit de ne pas nous inquiéter, que ça ne vaut pas le coup d’en faire quatre-cents pour 2400 mots qui changent. Quand on sait qu’un lycéen utilise en moyenne 1000 mots dans sa vie quotidienne, on se dit que ce chiffre n’est pas si dérisoire.

     

    On nous dit aussi que cet enseignement n’est pas obligatoire, que les professeurs ne sont pas tenus d’enseigner la réforme à leurs élèves. Ingénieux : ceux qui verront nénufar écrit avec un f seront donc convaincus qu’on a écrit comme un crapaud alors qu’il n’en est rien. C’est en étang si imprécis dans les consignes données aux professeurs que les élèves risquent de boire la tasse.

     

    Si, à chaque difficulté rencontrée par les élèves, on décide de change les règles, ils risquent d’avoir bien du mal à tracer leur chemin. Pas de panique ! il ne s’agit en aucun cas d’un nivellement par le bas, nous assure-t-on. Mais enlever les circonflexes, qu’on le veuille ou non, c’est ne plus mettre l’accent sur l’orthographe.

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  • Depuis le 28 novembre, des sextoys comme le tiani -cerclés d'or comme des bagues de mariage- sont vendus avec une assurance rupture. Logique, après tout : à quoi bon conserver des anneaux s’il n’y a plus d’anal ? Car le plaisir sexuel, à force d'être érigé en besoin vital, est peu à peu devenu un droit.

     

    En 1974, lors d'une conférence réunissant 29 sexologues à Genève sous l'égide de l'OMS, naît le concept de « santé sexuelle ». La santé, selon une définition qui n'est pas sans rappeler celle de la secte Richnou des Inconnus, est alors présentée comme « un état de complet bien-être physique, mental et social »

     

    Agnès Giard, dans un excellent article paru sur Libération.fr, explique que « les sexologues décident alors de transformer l'orgasme en facteur d'épanouissement ». Dès lors, rien ne vous empêche de répondre à l'habituel « Bonjour, comment ça va ? » par : « Pas terrible, je n'ai pas joui. » De même, on pourrait très bien imaginer, à terme, des employés ne se rendant pas à leur travail pour défaut d'orgasme. Plus besoin de retard de train, rater le tramway nommé désir suffit. Bref, autant dire que si quelque chose ne va pas, c'est sans doute que vous n'avez pas eu autant de phallus qu'il n'eût fallu.

     

    Mais ce n'est pas tout. En assignant comme objectif au sexe « l'amélioration de la vie et des relations personnelles », les sexologues de l'OMS nous invitent à considérer ce dernier comme l'outil indispensable à notre ouverture à l'autre car les vertus du sexe seraient telles qu’elles rejailliraient -si l'on peut dire- sur tous ceux qui nous entourent. En somme, le sexe devient si utile à la société qu'on pourrait presque « baiser pour la bonne cause » pour reprendre la formule d'Agnès Giard. « Le bonheur est dans le pré », disait Prévert. Non, il est dans les préliminaires, lui rétorquent les ayatollahs de la jouissance pour tous.

     

    Pas étonnant dans ce contexte qu'en 1999, l'Association Mondiale de Sexologie (WAS) invente le concept de droits sexuels : « pour atteindre un bon niveau de santé sexuelle, les droits sexuels de tous doivent être respectés, protégés et mis en œuvre» précise l'association. Puis d'ajouter : « Chacun a le droit à la justice, au recours et à la réparation en cas de violation de ses droits sexuels »

     

    Mais dans une société qui se veut sans putes et sans repères, qui n'a pas prévu d'offrir à tous l'épanouissement sexuel, à qui pourra-t-on imputer la faute de n'avoir pas suffisamment joui, au risque de sa santé et au mépris de son développement personnel ? Eh bien à l'individu vivant à ses côtés. D'un côté on pénalise les clients de prostituées, de l'autre, on proclame le droit à la jouissance. C'est ainsi qu'un Niçois s'est vu condamner à verser 10000 euros d'amende à son ex pour ne pas lui avoir suffisamment fait l'amour en mai 2011, la décision de la Cour s'appuyant sur l'idée qu'un « dommage » aurait ainsi été causé à la victime. Décision d'autant plus surprenante qu'on peut légitimement penser que si le mari avait porté plainte le premier, il aurait pu bénéficier des mêmes avantages. Mais après tout, s'il est avéré qu'il n'a pas suffisamment fait l'amour à sa femme, ce n'est pas illogique qu'il ait fini par se faire baiser. Même si cela a de quoi laisser coït.

     

    A force de ne pas jouer au pénis, n'importe qui peut donc se prendre les pieds dans le filet. Et tant que certains seront prêts à saisir la balle au bond pour vous donner le premier coup de raquette, on pourra se la renvoyer très longtemps pour savoir qui n'a pas fait jouir l'autre. Il n'y a évidemment aucun moyen de prouver que votre vagin est en jachère et que votre mari ne vous a pas labourée depuis des lustres sans que cela l'empêche de traire la poitrine de la voisine. Mais cela n'interdit pas pour autant certains juges de vous condamner. Désormais, en matière de sexe, personne n'est à l'abri. Il ne faut jamais dire « femme fontaine, je ne boirai pas de ton eau » et ne répondre aux questions des juges qu’en présence de sa boule de geisha.

     

    Stimuler le clitoris de sa chère et tendre et astiquer le phallus de son compagnon seront peut-être bientôt deux activités aussi surveillées que le remplissage de sa déclaration d'impôt, et il y a peu de chances qu'on puisse plaider la phobie orgasmique. L'avantage, c'est qu'il y a peu de risques de voir son conjoint simuler. En revanche, il faudra s'habituer à ce qu'il nie avoir eu un orgasme, quand bien même vous auriez été témoin de ses soupirs, car souffler n'est pas jouir. Qu'importe ! Le jour où lécher l'anus de son partenaire fera baisser le prix des assurances, ce sera enfin le début des raies jouissances.

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    Alors qu'au lendemain des attentats de l'école juive, de Charlie, de l'hyper casher ou du 13 novembre, on a trouvé quantité de journalistes, d'éditorialistes, voire de professeurs, d'acteurs ou d'écrivains pour s'émouvoir de l'enfance des terroristes ou pointer du doigt les conditions indignes dans lesquelles ils ont grandi, il n'y a personne, depuis les Régionales, qui ait une pensée pour nos élites, sans doute meurtries, comme nous tous, par le score très élevé du Front National, et qui après avoir vaincu avec péril, ont pourtant triomphé sans gloire.

    En quoi seraient-elles davantage responsables de leurs actes que des trentenaires ayant décidé de passer à l'acte ? Parce que nos dirigeants politiques n'ont jamais eu la chance d'être pauvres ou victimes de discriminations, ils seraient forcément coupables ? Ils seraient, en quelque sorte, éternellement victimes de leur origine et de leur naissance ? Parce qu'ils sont nés avec une cuillère en argent dans la bouche, ils n'auraient pas le droit de planter des couteaux dans le dos et prendre leurs adversaires en fourchette ?

    Ne croyez-vous pas que c'est assez difficile comme ça d'opprimer le peuple pour avoir l'impression d'exister, sans même la consolation d'avoir des gens qui vous plaignent ou qui vous défendent ? Est-ce vraiment enviable de passer ses journées à faire semblant de s'intéresser à des sujets aussi insignifiants que la faim dans le monde ou les guerres au Moyen-Orient alors qu'on pourrait, comme tout le monde, passer le plus clair de son temps sur Facebook ou Twitter ?

    Qui oserait prétendre qu'ils méritent de telles souffrances ? N'y aura-t-il personne pour s'émouvoir du sort de ces gens sans cesse obligés de prononcer des discours vides de contenu mais remplis d'éleménts de langage, condamnés à faire de la lèche avec une langue de bois et de graisser la patte aux ours mal léchés tout en noyant leur honneur dans les vins du même nom ?

    Vous n'imaginez pas à quel point ce doit être angoissant de n'avoir d'opinion que celle donnée par les sondages, de n'avoir le droit de s'indigner que sur commande, de n'être fidèle qu'à son indifférence, de briguer des partis sans jamais pouvoir prendre parti -au risque d'être répudié des Répus ou enlevé d'EELV-, de n'avoir d'autre pouvoir que de lutter pour lui, de bâtir un programme sans aucune conviction ni aucune vision et de jeter ses amis en pâture pour arriver au sommet, autrement dit d'être une balance sans poids ? Et combien ce doit être compliqué de devoir sans cesse obéir à l'Europe en ayant parfaitement conscience que lécher les Teutons ne fait pas de vous la moitié d'un saint mais en sachant aussi que s'opposer à l'Europe, c'est prendre le risque de faire chanceler l'Allemagne.

    Alors ayons une pensée pour ceux qui n'ont d'autre occupation que d'offrir chaque jour des libations à la Sainte Reprise sans aucune garantie qu'elle les exauce. Ce n'est pas simple d'être préoccupé tous les jours par la croissance quand on a fini la sienne depuis longtemps et bien avant les autres. Et, en attendant celle-ci, n'avoir d'autre choix que d'aller prier sur la montagne en sachant pertinemment que ça n'aura pas plus d'effet que d'aller siffler sur la colline. De rentrer dans un costume de président quand on ne sait pas faire un nœud de cravate et d'enfiler les perles quand on n'a même pas le charisme d'une huître. De laisser penser que tout va se régler grâce aux générations futures et de faire croire que l'on va retrouver l'ascendant grâce aux descendants des sans-dents.

    Alors, s'il vous plaît, ne jugez pas hâtivement nos hommes et nos femmes politiques. Refusez les amalgames et surtout ne les mettez pas tous dans le même sac, ils seraient capables de se faire prendre la main dedans.

     

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    Après l'affaire Zahia, la marseillaise et l'affaire de la sextape de Valbuena, c'est donc un nouveau scandale qui risque d'éclabousser l'attaquant de l'équipe de France Karim Benzema. Enquête

    Il est 23 heures ce samedi lorsqu'après un repas bien arrosé, Fernand* souffle sa trentième bougie. Mais alors que tous ses amis entonnent « joyeux anniversaire », Karim Benzema reste étonnamment muet. « Il a pas dit un mot, s'il veut pas chanter la Marseillaise, c'est son problème mais pas chanter à l'anniversaire de son pote, c'est grave » s'exclame Régis** tandis qu'un autre témoin anonyme affirme l'avoir vu cracher dans son verre dès la fin du chant. Dès lors, la machine médiatique s'emballe. Le lendemain, Manuel Valls tweete « un ami doit rester exemplaire en toutes circonstances » tandis que Noël Le Graet décide d'interdire la présence de Karim Benzema lors des anniversaires des joueurs de l'équipe de France, et ce jusqu'à nouvel ordre.

    De nouveaux rebondissements à prévoir ?

    Après sa suspension des Bleus et la tornade médiatique qui a suivi ses déboires judiciaires, Karim Benzema est donc victime d'un nouveau coup dur. Pourtant, l'avant-centre du Real Madrid refuse de se laisser abattre et croit toujours en ses chances de participer à la petite fête de Noël des Bleus. « Karim ne lâche jamais le steak, et puis c'est quelqu'un d'extrêmement généreux«  déclare une de ses amies, Zahia ***. Il se murmure même que son ami d'enfance, Karim Zenati, serait en possession d'une sextape de Noël le Graet et Margarita Louis-Dreyfus qu'il pourrait utiliser pour faire pression sur le président de la fédération en cas de non convocation aux festivités.

     

    *Le prénom a été changé

    **Le prénom a été changé

    ***Le prénom n'a pas été changé

     

     

     

     

     

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