• « C’est peut-être le plus beau match de la décennie. Evidemment, c’est un peu frustrant d’échouer si près du but mais les supporters doivent être fiers de nous. On peut sortir la tête haute. On a encore plein de supers challenges. On est en 64èmes de finale de la coupe intercontinentale des villages des cantons du Rhône et si on gagne nos douze derniers matches, on peut encore accrocher la septième place, anciennement qualificative pour l’intertoto, qui nous permettrait de faire partie du cercle très fermé des 248 meilleures équipes européennes. On s’incline quand même chez le champion chypriote, qui a su dominer des équipes comme l’Apollon Limassol, le Doxa Katokopia ou l’Enosis Neon Paralimni. On n’a aucun regret à avoir »

     Tout est dit dans ce résumé parfaitement objectif de l’ambitieux Rémi Garde, qui, à la manière d’Arsène Wenger la veille, aura été un des seuls à y croire jusqu’au bout. Et, est-ce un effet de son contagieux optimisme ? au coup d’envoi, on se prendrait presque à rêver d’un exploit des gones. Dès l’entame, on sent en effet que ce match a le parfum des grands soirs, des Saint-Etienne –Kiev, des Bordeaux-Milan ou des P.S.G- Real Madrid.

            Pourtant, au bout de neuf minutes à peine, L’Apoel Nicosie douche les espoirs lyonnais en concluant une action d’anthologie qui ne doit rien au hasard si ce n’est d’avoir vu trois défenseurs lyonnais rater tour à tour leur intervention. Ce but de Manduca, confirmant l’adage selon lequel dans les petits matches, ce sont toujours les petits joueurs qui font la différence, est difficile à encaisser mais les lyonnais ne se désunissent pas et parviennent à contenir les assauts des galactiques de la partie septentrionale du Bassin Levantin jusqu’à la mi-temps.

    On se dit alors que les lyonnais vont finir par craquer et qu’ils ne tiendront pas tout le match à ce rythme mais à un quart d’heure de la fin, on a beau se pincer, il faut bien se rendre à l’évidence : le score n’a toujours pas évolué et l’exploit est à portée de main. C’est le moment que choisit Rémi Garde, toujours aussi audacieux dans ses choix, pour tenter un coup de poker et lancer au même moment les deux seuls joueurs lyonnais capables de faire la différence depuis plusieurs semaines : Lacazette et Gomis. Mais le « special no one » ne s’arrête pas là, il repositionne Lisandro à son poste de prédilection, en 6, juste devant la défense et laisse Jimmy Briand en électron libre entre la ligne de touche et les tribunes. Le coaching s’avère payant et au terme d’une deuxième mi-temps héroïque, Lyon arrache la prolongation.

    il serait toutefois malhonnête de réduire la prestation des Lyonnais à leur seul courage. C’est surtout d’un point de vue technique et collectif que Lyon éclabousse le match de toute sa classe, il n’y a pratiquement aucun déchet dans les transmissions et l’inspiration qui les anime transpire dans toutes leurs actions : passes aériennes à ras de terre, une-deux avec les ramasseurs de balle, grands ponts en six mètres, petits ponts dans les tibias : toute la panoplie du parfait footballeur est convoquée. On se demande encore comment Messi n’a pas pensé à rejoindre l’ancienne capitale des Gaules.

    C’est finalement au bout de la séance des tirs aux buts que les dieux du football décideront de qualifier Nicosie. Ce match ne s’inscrira donc pas dans la lignée des plus grands exploits français, des Olympiakos-Marseille ou des France-Irlande mais il aura marqué à jamais nos esprits. Certes, Lyon a fini par mourir mais à la manière de Cyrano, sans jamais se départir de son extraordinaire panache.

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