• A ne pas mettre un humain dehors

     

    Je suis toujours étonné de la propension qu'ont les gens qui ont un chien à s'attendre à ce qu'on adore leur labrador, qu'on vénère leur cocker ou qu'on trouve beau leur boxer. Et je dois avouer qu'il m'est souvent arrivé de trouver que leurs propriétaires manquaient de flair. Le fait qu'on s'écarte poliment de leur route ou qu'on recule lorsqu'ils nous sautent dessus devrait pourtant leur mettre la puce à l'oreille et leur faire comprendre qu'on n'a pas envie plus que ça de donner la patte à leur chien.

    Mais pas du tout, non seulement ils trouvent ça très mignon que leur cabot nous lèche la joue mais en outre, ils n'hésitent pas à nous faire un bilan complet de sa santé, son âge sa race ou ses vaccins et il faut parfois abréger la conversation pour éviter qu'ils nous montrent des photos d'eux quand ils étaient petits.

    Pensent-ils que nous manquons à ce point d'affection que nous soyions ravis de subir leurs embrassades goulues et leurs coups de langues impromptus et qu'ils viennent nous lécher le visage après qu'ils ont tour à tour grignoté des boulettes et lapé les parois de leur derrière ?

    Ce n'est pas parce que nous nous promenons seul que nous avons nécessairement besoin d'un gros canin.

    Ils s'étonnent que nous ne trouvions pas amusant que notre fils détale devant leur lévrier et ils pensent qu'en nous disant qu'il ne faut surtout pas avoir peur sinon le chien va le sentir, la phobie de l'enfant de trois ans va aussitôt disparaître. Quant à les tenir en laisse, ils n'y pensent même pas puisque leur chien n'a encore jamais attaqué personne et qu'en France, il n'y a que 500 000 personnes chaque année qui se font mordre par un toutou « très très gentil, lui » selon le propriétaire. Et je ne parle même pas de ceux qui les laissent aboyer toute la nuit sans voir où se niche le problème et qui pensent qu'en en plaisantant, on va tout oublier. Ils se trompent : ce n'est pas parce que les chiens aboient que la vanne passe.

    Bref, si la rage a quasiment disparu, cela ne veut pas dire qu'un propriétaire ne peut plus nous la donner et dans ces moments là, je ne peux m'empêcher de penser qu'on se trompe quand c'est au chien qu'on donne la pâtée. Et n'imaginez pas que vous pourrez les raisonner : sans vouloir leur casser du susucre sur le dos, vous allez tomber sur un nonos.

    Je ne dis pas que le chien n'est pas un bon achat. Mais s'il est le meilleur ami de l'homme, cela n'implique pas que l'homme doive nécessairement devenir le meilleur ami du chien.

    Imaginez un monde où l'on pourrait s'ébattre dans les champs sans qu'un basset nous colle aux basques, un monde où les dogues ne nous mettraient plus en boule, où la musique remplacerait les aboiements et où les petits chiens n'auraient plus du roquet le rôle. Un monde où la perfection aurait remplacé les déjections. Un monde où nous aurions nos jacuzzis et eux leurs SPA. Bref, un monde qui ne serait pas fait pour les chiens.

     



     

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  • Commentaires

    1
    Lu Ro
    Vendredi 4 Septembre 2015 à 09:02

    Dans certains pays asiatiques, ce problème a été réglé depuis bien longtemps :

    Un chien = un repas.

    ;-)

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